Lude

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Nos actions humanitaires



Introduction

Au niveau international, nous sommes allés avec une ONG "enfants réfugiés du monde" en guinée Conakry en septembre 2000 et en Bosnie en janvier 2001. Nous avons montre que, bien régis, le jeu et le jouet peuvent réparer et reconstruire certains repères détruits. S'il est utilisé dans un cadre où l'adulte garantit le respect de la règle il peut aussi développer une dynamique familiale et communautaire.


Asie
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Liban
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Guinée
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Nos références

PERIODELIEUPARTENAIREOBJECTIFS
JUILLET 2000PerpignanEnfants Réfugiés du MondeFormation d’un volontaire, sur nos quatre axes de travail :Liberté responsabilité ; Implication familiale ; Pédagogie active ; Qualité du matériel.
Ce volontaire est parti sur la mission Guinée.
SEPTEMBRE 2000GUINEE CONAKRYEnfants Réfugiés du MondeTravailler avec les animateurs dans les centres d’animation (4000 enfants), et compléter la formation prodiguée par le volontaire.
Bilan : Des évènements dramatiques ne nous ont pas permis de continuer notre travail
DECEMBRE 2000PerpignanEnfants Réfugiés du MondeFormation d’un volontaire au départ, idem Guinée
JANVIER 2001BOSNIE Canton de TulzaEnfants Réfugiés du MondeFormer des éducateurs : 15 professionnels locaux, 13 animateurs et psychologues embauchés par une association locale.
Valoriser le jeu comme moyen de prévention et de reconstruction de l’enfant en situation de violence. Montrer l’importance du jeu dans le développement de l’enfant.
Bilan : aujourd’hui 4 ludothèques fonctionnent de façon indépendante et avec une pédagogie similaire à la nôtre.
JANVIER 2004PerpignanEnfants Réfugiés du MondeFormation de deux animateurs : SOUTIEN SCOLAIRE fabrication de jeux, classification ESAR
SEPTEMBRE 2004Beyrouth LIBANEnfants Réfugiés du MondeCentres :

- 5 centres 6-12 ans
- 1 centre 3-18 ans

Camps de réfugiés palestiniens :

- Borj Chémaleh
- Qasmieh
- Rachidieh
- Borj Barajneh
- Baddawi

Formation de 45 animateurs

Les difficultés d’apprentissage chez les enfants/jeunes : Le jeu et le soutien scolaire
Nous avons fait le lien entre les différentes compétences utilisées par le jeu et l’aide que celui-ci peut apporter:
Bilan : aujourd’hui les 6 centres ont construit des « jeux du monde ». Après l’école, il y a un vrai moment de jeu et ensuite du soutien scolaire. Le corps enseignant commence à s’intéresser à ces jeux qui donnent des pré requis scolaires.
MARS 2005Banda Aceh (Indonésie)Enfants Réfugiés du Monde / fondation de FranceMise en place de jeux pour 2 centres de déplacés victimes du Stunami

L’objectif était de donner auxs animateurs les bases leur permettant de mettre en place rapidement une structure de jeux ouverte à tous et en collaboration avec les acteurs locaux.
MAI 2005Banda Aceh (Indonésie)Enfants Réfugiés du Monde / fondation de France

Plan de formation connaissance des jeux

- Le développement de l’enfant
- Connaissance des jeux et des jouets
- Classification des jeux et jouets
- Connaissance avec des aménagements
- Gestion du matériel ludique
Camps de déplacés :

- Ba Koy
- Kueng Raya
- Ashrama raider
- Shirun

Formation commune de 39 animateurs sur l’enfant et le jeu pendant une semaine.

Bilan : Ils ont pris connaissance des aménagements, d’un fonctionnement et d’un système de gestion du matériel.

Puis les animateurs ont bénéficié d’une formation alternée avec une pratique de jeux issue de notre ludothèque semaines.

Bilan : aujourd’hui les 4 centres jouent tous les jours. Nous avons créer des lieux neutres où l’enfant se sent protéger et reprend confiance dans l’avenir. Ce travail sert de base pour faire une reconstruction solide et durable.

Postulat
Dans les situations de refuge ou de déplacement forcé, la plupart du temps provoquées par des conflits armés dont les principales victimes sont les populations civiles, les enfants et leurs familles se trouvent brutalement confrontés au dénuement matériel et moral. Les conséquences cumulées de la violence et de l’exil, outre les traumatismes qu’ils provoquent, attaquent les liens familiaux et sociaux qui s’en trouvent gravement déstructurés. Dans ces conditions, l’aide à ces populations demeure insuffisante si elle ne prend en compte que les aspects matériels et ne répond pas à leurs besoins psychologiques et sociaux. C’est pourquoi, tant d’un point de vue conceptuel que pratique il est nécessaire de forger des outils et une méthodologie d’intervention permettant la réhabilitation psychologique et sociale des populations affectées. Pour les enfants cela signifie, en premier lieu, retrouver un espace protégé où jouer et réinvestir leur enfance.

Le jeu peut avoir une fonction réparatrice (reconstruction des repères et des liens détruits) s’il se déploie dans un cadre où l’adulte garantit le respect de la règle et permet ainsi une libre activité et une sécurité affective.

De ce postulat est née la collaboration entre « Les Enfants du Lude » et « Enfants réfugiés du Monde » pour développer à partir de leurs expériences et de leurs compétences respectives, la mise en place d'espaces ludiques et des formations spécifiques sur le potentiel et l'utilisation du jeu, auprès des populations réfugiées et déplacées.

Deux associations

¤ « Enfants Réfugiés du Monde », organisation de solidarité internationale, créée en 1981, elle a pour vocation de venir en aide aux enfants réfugiés et déplacés dans le monde.
¤ « Les Enfants du Lude », association de jeunesse et d’éducation populaire créée en 1996. Elle a pour objet de favoriser, de développer et d’aider toutes les activités axées autour du jeu et du jouet. Elle gère une ludothèque mobile sur le département des Pyrénées orientales.

Objectifs

- Définir des principes directeurs d’une intervention auprès d’enfants en situation de crise humanitaire - aiguë et/ou durable-, par la mise en place de centres d’animation où le jeu occupe une place essentielle de proposer un protocole d’intervention modulable en fonction des situations, inscrivant l’action dans une dynamique familiale et communautaire DAns les camps de réfugiés.

- Élaborer un matériel de support ( malle de jeux) adapté aux besoins des enfants dans différents contextes.
Introduire le jeu dans un camp de réfugiés et réaffirmez avec nous que la joie est possible et légitime dans un contexte de souffrance.

Prouver qu’un concept de jeu n’est pas un gadget, mais bien un programme utile et nécessaire, qui s’intègre parfaitement dans le cadre d’une assistance humanitaire d’urgence.

S’intéresser aux enfants, réintroduire le jeu dans les camps, réaffirmer que la joie est possible et légitime dans un contexte de souffrance, c’est s’inscrire dans une autre dimension, au-delà de la satisfaction des besoins dits « vitaux », par-delà les logiques souvent trop quantitatives et rationnelles de l’assistance (« Enfants Réfugiés du Monde »).

Le jeu est une activité essentielle de l’enfant, nécessaire à son développement.

Inscrit dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, le jeu représente aussi un droit pour tous les enfants du monde.

Pour les enfants qui connaissent des situations de chaos familial et social, le jeu peut avoir une fonction réparatrice (reconstruction des repères et des liens détruits) s’il se déploie dans un cadre où l’adulte garantit le respect de la règle et permet ainsi une libre activité et une sécurité affective.

La question que nous posons n’est donc pas pourquoi jouer mais, comment jouer dans les situations de crise humanitaire et dans quel cadre ?

Il nous faut:

Vérifier auprès d’enfants réfugiés accueillis dans un espace de jeu la validité des règles d’organisation et de fonctionnement, issues de l’expérience de la ludothèque mobile.

Adapter ce dispositif aux différentes situations et étapes de l’exil, dans différents contextes culturels, en l’intégrant aux lieux où sont accueillis les enfants.

Vérifier comment l’espace de jeu (règles de fonctionnement, classification des jeux) permet d’enclencher un processus de changement positif chez l’enfant?

- Si l’enfant utilise ce dispositif pour son mieux-être à travers l’activité ludique et en liaison avec son environnement familial et social?

- Si la famille et la communauté se saisissent du dispositif pour se rétablir dans leurs rôles, retrouver l’estime de soi et retisser des liens sociaux ? (« Enfants Réfugiés du Monde »)

Nos missions

La GUINEE CONACRY

Juillet 2000,nous avons formé un volontaire de l’association « Enfants Réfugiés du Monde » au travail avec le jeu en sachant que nous quatre axes de travail qui nous semblent important :

- L’implication familiale
- La liberté et la responsabilité
- La pédagogie active
- La qualité du matériel

Septembre 2000 . nous sommes allés dans un camp de réfugiés Siérra Léonnais en Guinée Conakry.

Il y avait alors 4000 enfants qui fréquentaient les centres d’animation dans les 4 camps : Massakoudou, Boodu, Nyadou, Katkama.

Bilan

Des évènements dramatiques ne nous pas permis de continuer notre travail.

LA BOSNIE

Décembre 2000 ,nous avons formé un autre volontaire « d’Enfants Réfugiés du Monde ».
Janvier 2001 nous sommes allés dans la ville de Tuzla en Bosnie. Elle se trouve au Nord-Est de la Bosnie. Le canton de Tuzla est formé de la ville de Tuzla et de 13 municipalités : Banovici, Brcko, Celic, Doboj east, Gracanica, Gradacac, Kalesija, Kladanj, Lukavac, Srebrenik, Teocak, Zivinice, Zvornik/Sapna.

Les bénéficiaires :

450 enfants et adolescents (de 4 à 15 ans) bosniaques, déplacés, rapatriés ou locaux, ainsi que leurs familles et, de façon plus large, leurs communautés d’origine.

15 professionnels locaux spécialisés dans l’éducation, dont 2 coordinateurs, 13 animateurs et psychologue, tous embauchés par une association locale « Djeciji Svijet ».

Bilan

Aujourd’hui 4 ludothèques fonctionnent de façons indépendantes et utilisent notre système de fiches.

Objectifs des formations en Guinée et en Bosnie

1) Les objectifs spécifiques

Ils se déclinent sur 4 niveaux : les enfants, les animateurs, les familles et la communauté, les institutions et les associations.

a) Les enfants :

· Promouvoir le développement physique et mental des enfants en proposant des activités d’animation et en accordant la place qui revient au jeu dans la vie de l’enfant.
· prise en charge des besoins matériels
· Favoriser les échanges entre les enfants issus des communautés accueillant les réfugiés, déplacés et rapatriés.
favoriser la réintégration scolaire des enfants déplacés, rapatriés et locaux

b) Les Animateurs

· Poursuivre la formation des professionnels locaux de l’enfance et assurer les conditions d’exercice de leur métier.
· apporter un soutien pédagogique et psychologique régulier aux équipes d’animateurs

c) Les familles et la communauté

· Impliquer les familles dans la vie des centres
· renforcer l’implantation des actions auprès de la population

d) Les institutions et les associations

· Renforcer une collaboration effective avec les institutions locales.
· Renforcer une collaboration effective avec les ONG locales ou internationales déjà actives sur le terrain.
· permettre à des associations locales de prendre en charge progressivement la gestion administrative et pédagogique des programmes

Inscrire le projet dans la durée et assurer sa pérennité

Les objectifs de cette formation alternée avec la pratique du terrain :

- valoriser le jeu comme un moyen de prévention et de reconstruction de l'enfant en situation de violence.

- montrer l'importance du jeu dans le développement de l'enfant.

* cerner les problématiques autours de leur demande
* besoins psycho-sociaux des enfants

- sensibiliser aux objectifs, moyens et fonctions de la ludothèque

* possibilité d'alternative à la rue
* lieu d'autonomie et de socialisation
* la loi en opposition à la violence

- Connaître une classification de jeux et de jouets ; Le système ESAR de Madame Denise Garon, outil psycho-pédagogique complexe et précieux qui permet de situer les jeux dans tous leurs aspects, de les classer selon leur fonction, le stade de développement de l'enfant qui n'est pas nécessairement lié à son âge.

- soutenir les acquisitions scolaires par le jeu et diversifier les apprentissages.

* exploration pratique et apport théorique
* vérification par le travail sur le terrain à partir de jeux
* reprise du potentiel ludique à partir de ESAR

- apporter des techniques d'animation autour des "jeux et jouets"

* mise en place d'espaces ludiques
* réflexion commune sur les attentes des éducatrices

- fabriquer des jeux et jouets à partir de matériel de récupération.

* implication des parents

- offrir un espace récréatif et ludique qui soit une alternative à la rue

- accueillir les enfants handicapés en leur proposant des activités communes avec les autres enfants, ainsi que des activités spécifiques

- former des éducateur(trice)s locaux (« Enfants Réfugiés du Monde »).

Partenariat ludothèque « Les Enfants du Lude » -

Enfants Réfugiés du Monde

Une technique qui fait ses preuves

Nous pensons qu’il existe des techniques pour contrecarrer la violence, que ce soit celle des quartiers français ou celle des enfants des camps. Il s'agit de créer un lieu neutre, où la violence des enfants structurés ou traumatisés reste à la porte :

La nécessité de passer contrat avec l'enfant et sa famille
EN FRANCE....

Dès le départ des règles sont posées. L'enfant et sa famille passent un contrat écrit et moral avec la structure de jeux : l'enfant y vient une première fois en toute liberté mais, s'il veut revenir, ses parents doivent venir l'inscrire. C'est donc l'enfant qui tire ses parents vers ce lieu : l'occasion de prendre un contact chaleureux avec la famille autour d'un café et d'expliquer le fonctionnement de la ludothèque. Il est demandé une cotisation annuelle de 7,62 € par famille et, à chaque fois que l'enfant vient, il doit verser 1, 60€. Cet argent sert à acheter de nouveaux jeux, ce qu'on explique à l'enfant dès le début. En se déplaçant, les parents cautionnent l'importance du jeu, accompagnent leur enfant et abandonnent l'attitude qui consiste à dire "Vas jouer plus loin". Une fois ce contrat passé, si la famille est en difficulté financière, elle peut proposer des arrangements de paiement, ou un savoir-faire utile à la ludothèque (par exemple la couture pour fabriquer ou réparer des déguisements). De même, si l'enfant n'a pas 1, 60 € quand il vient, il est tenu de proposer quelque chose. Cet engagement financier, si modique soit-il, est avant tout un moyen de négociation et surtout un prétexte pour rencontrer régulièrement les familles. C'est donc aussi un moyen d'impliquer les familles, de ne pas les enfermer dans un statut de population défavorisée mais d'acteurs du développement de leur enfant.

DANS LES CAMPS

Dans une cité ou dans un camp de réfugiés, on doit considérer les familles sans tenir compte de leur statut, sans les enfermer dans la situation de défavorisés ou de réfugiés, mais simplement de parents, partie prenante de l'éducation de leurs enfants, c'est pourquoi le mode de participation n'est pas nécessairement financier. C'est essentiellement une présence active et participative de la part des parents qui est demandée.

Un système d'organisation autour du jeu

A l'intérieur du centre de jeu, on en est liberté organisée, ce qui se traduit par la conception même des différents espaces de jeu, chacun dévolu à une activité. Pour prendre un jeu, il faut aller chercher la fiche correspondante auprès de l'adulte et la déposer à côté de sa fiche d'inscription. Tout le temps qu'il détient la fiche, l'enfant est propriétaire et responsable de son jeu, que ce soit pour dix minutes ou pour plusieurs heures. En cas de conflit, c'est celui qui a la fiche qui a raison. Ainsi, les petits ont le même pouvoir que les grands car c'est la règle qui domine et rend inutile le recours à la force physique.

Pour se placer en concurrent de la rue ou de la violence, il faut s'en donner les moyens : l'enfant est propriétaire du jeu pour le meilleur - jouer avec ses copains - et pour le moins agréable - rapporter un jeu complet avec sa fiche et vérifier pièce après pièce avec l'adulte que le jeu est complet -. Ce temps de vérification, qui peut durer de 10 secondes à un long moment, est très important dans cette volonté constante de responsabiliser l'enfant.

L'adulte annonce des règles simples et claires toujours guidées par la notion de contrat, donc d'échange : moi adulte, je m'engage à te donner un jeu complet que tu dois me rendre dans le même état. Si une pièce manque à un puzzle, l'enfant cherche avec l'adulte jusqu'à ce que la pièce soit retrouvée. L'enfant est obligé de passer par l'adulte parce qu'il doit rapporter le jeu. En respectant le contrat de part et d'autre, un climat de confiance s'instaure entre l'enfant et l'adulte. En cas de vol, l'enfant qui détient la fiche doit régler le problème. Les règles sont les mêmes pour tous et incontournables ; de son côté, l'équipe d'encadrement respecte ses engagements de fournir des jeux complets en bon état et renvoie l'enfant aux règles en cas de conflit.

La violence interdite

L'enfant a le droit de ne pas s'entendre avec les autres, il peut choisir de jouer seul, en groupe ou avec un adulte, mais en aucun cas il n'a le droit de se battre sous peine d'exclusion. S'il n'a pas respecté cette règle, il peut revenir mais il doit négocier et s'engager à respecter la règle commune : il passe donc un contrat moral avec les adultes. Autre exemple : si un cinquième enfant veut venir jouer dans un espace prévu pour quatre, il ne doit pas s'imposer mais demander l'avis du groupe dont les membres doivent négocier entre eux pour l'accepter, donc utiliser la parole et l'explication, plutôt que de recourir à la violence. De même, quand un enfant veut se retirer du jeu, le groupe doit être d'accord et contrôler que les jeux de l'enfant qui veut partir sont rangés. Le groupe donc son autorisation est responsable.

Un modèle exportable ?

Des volontaires d'Enfants Réfugiés du Monde sont venus s'imprégner de l'expérience de la ludothèque des « Enfants du Lude », pour la Guinée et la Bosnie. Il s'agissait également de former les équipes De même que dans la cité, même si la violence n'a pas les mêmes causes, il s'agit de restructurer, remettre de l'ordre dans des camps où tout a été désordre, conflits... D'avoir un lieu où tout est toujours à sa place, de restaurer un climat de confiance avec les adultes, de créer un lieu neutre politiquement et confessionnellement, d'impliquer les familles... Ainsi, nous avons essayé de montrer l'importance de l'aménagement de l'espace et de l'organisation pratique de référencement et de rangement des jeux ainsi que des règles d'emprunt. La liberté et la souplesse existent grâce à un respect rigoureux des règles de la part de tous, enfants, parents, et équipe d'animateurs. Dans ces deux camps, l'expérience des « Enfants du Lude » a été exportée, pas reproduite à la lettre mais transposée aux réalités locales. Ainsi du choix des jeux nous avons enlevé les images de certaines stars de dessins animés et autres héros non indispensables pour jouer.

Jouer pour montrer l'importance du jeu

Dans certaines cultures, l'adulte ne joue pas avec l'enfant par peur de l'objet-jeu. Il est fondamental de démontrer l'utilité de jeu dans l'apprentissage, à quelles facultés tel ou tel type de jeu fait appel, en fonction des stades d'évolution, des niveaux d'habileté physique et mentale de chaque enfant. L'équipe d'animateurs doit prendre le temps de faire le tour de chaque jeu, d'en décomposer toutes les facettes, pour comprendre quelles fonctions il va mettre en oeuvre. Il faut également que les adultes jouent entre eux et avec les enfants pour comprendre à fond les mécanismes du jeu, donc les règles qui les guident.

Utiliser des jeux interculturels

Les jeux dont on dispose en Occident peuvent-ils être exportés? Quels jeux choisir pour qu'un public nanti d'une autre culture puisse s'en saisir ou parvenir à en trouver des équivalents dans son propre patrimoine? Certains jeux passent aisément les frontières. Le jeu symbolique par exemple, (la poupée ,le garage, la marchande) qui fait appel à des notions de représentation de la vie courante de l’enfant. Les marionnettes aussi existent partout. Certains jeux liés des calculs, à certaines logiques. Il existe des jeux interculturels. Un simple jeu de l'oie nécessite de compter, d'additionner, de soustraire. Des jeux apparentés au loto ou aux dominos existent presque partout dans le monde.

Quand nous préparons des malles nous essayons de décoder la culture sous-jacente à chaque jeu pour arriver avec des malles rapidement utilisables.

Des jeux pour tous

Nous ne jugeons pas l'enfant en fonction de son âge, mais de ses possibilités, pour ne pas l'enfermer dans des a priori. Si l'équipe propose un jeu dirigé, il doit s'inscrire dans un objectif de réussite pour tous : tout le monde doit arriver à participer au jeu, il faut permettre à chaque participant de pouvoir donner une réponse en stimulant la curiosité et l'intérêt de chacun. Mais il faut en relativiser l'enjeu : ce n'est qu'un jeu dont le perdant n'est pas forcément mauvais. Les jeux de hasard et de rapidité mettent les enfants en situation d'égalité. En d'autres termes, il faut être conscient de ce que l'on propose pour bien doser les jeux et ne laisser personne "hors-jeu". Il faut également montrer que l’équipe locale doit être au maximum avec les enfants et pour cela nous devons la faire jouer afin de diminuer les appréhensions légitimes..

Le mime, outil de formation

Comment expliquer des concepts parfois intraduisibles? Comment vérifier qu'un public dont la langue et la culture sont différentes comprend ce qu'on tente de lui faire passer? Comment dépasser des obstacles culturels? Les volontaires d'Enfants Réfugiés du Monde effectuent un stage de plusieurs semaines à la ludothèque des Enfants du Lude pour connaître le travail avec le jeu / jouet. Une fois sur le terrain, ceux-ci sont confrontés à des difficultés pour faire passer le jeu et ses notions psychologiques.

Lors de la session de formation complémentaire sue le terrain nous imaginons une méthode d'enseignement fondée sur le jeu théâtral : Nous choisissons le mime plutôt que la traduction d'un cours théorique pour faire passer la méthode E.S.A.R par exemple, et nous alternons de grandes séances de jeux collectifs

Montrer plus que démontrer

A la fin de chaque journée, l'équipe peut poser des questions, ce qui permet de savoir et de mesurer ce qu'elle a reçu et compris ou pas. Le jeu permet d'introduire la possibilité d'échange et d'obtenir la participation active du groupe. De montrer plutôt que de se livrer à une démonstration abstraite.

Souvent, les animatrices / animateurs locaux n'ont pas réfléchi en termes de "sérieux du jeu", ne peuvent en saisir les multiples fonctions dans la mesure où, culturellement, le jeu n'a pas pour d'autre vocation qu'occupationnelle et n’est pas la priorité du moment.

Seul le savoir scolaire a une valeur forte. Le jeu est donc souvent dévalorisé. Nous avons donc un objectif pour donner au jeu sa vraie valeur et constater par l'expérience directe que le jeu a pour nous le même statut que le savoir, que l'apprentissage scolaire, en démontrant par la pratique qu'on peut apprendre tout en s'amusant.

CONCLUSION

Nous pouvons nous adapter à vos situations et nous sommes prêts à vous rencontrer pour mettre nos compétences à votre service.

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